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La COP 21 : Une occasion à ne pas rater pour les scientifiques

COP21-France

 

La COP21, que l’on appelle aussi Paris 2015, sera l’une des plus grandes conférences internationales organisées sur le territoire français dans le cadre des politiques de lutte contre les changements climatiques. La France accueillera pendant deux semaines des milliers de délégués et d’observateurs sous les auspices des Nations unies. En tant que pays assurant la présidence de la COP, elle devra jouer un rôle de facilitateur auprès de toutes les parties de la négociation, pour établir un climat de confiance, rapprocher les points de vue et permettre une adoption de l’accord à l’unanimité.

Dans ce contexte, les différents clusters (pôles de compétitivité, Institut d’énergie décarbonée, chaires industrielles, fondations, « open lab », etc…) qui se sont constitués depuis le début des années 2000 entre recherche publique, recherche privée et collectivités territoriales doivent faire figure de partie prenante majeure. IIs ne doivent pas rater l’opportunité unique qui leur est faite de proposer en vitrine, au monde entier, des solutions innovantes, créatrices d’emplois et de valeur ajoutée tout en faisant l’objet d’une acceptabilité par les usagers et plus largement l’ensemble de la société.

Les scientifiques, en particulier, ne doivent pas être en reste car c’est, non seulement de l’avancée de leurs travaux, mais aussi de leur capacité à nouer des partenariats avec les entreprises et de se pencher sur les besoins de la société que les défis de la transition énergétique et économique pour lutter contre les changements climatiques pourront être relevés.

La lutte contre ce changement peut en effet s’interpréter comme une course engagée par le biais de l’éco-innovation[1]. Cette dernière se traduit comme un processus créatif et collectif depuis la recherche, l’exploration des besoins, la formulation des stratégies de mise en œuvre, le pilotage financier jusqu’au développement, la mise sur le marché de produit ou service, la création d’entreprise. Compte tenu de leur caractère transversal à de nombreux secteurs d’activités et de leurs débouchés multiples, les éco-innovations constituent un enjeu, tant pour la lutte contre le changement climatique que pour la compétitivité et la création d’emplois. Elles apparaissent comme une des « plus fortes opportunités économiques du XXIe siècle » avec un marché mondial en plein essor.

La nécessité d’une R&D partenariale et ouverte sur son territoire est aussi prégnante. La recherche académique ou en laboratoire ne peut pas mettre en synergie la complexité des relations entrant en jeu dans le déploiement d’éco-innovations exigeant la pluridisciplinarité. Tous les grands champs scientifiques sont en effet porteurs d’éco-innovations et nombre d’entre elles sont à l’interface de plusieurs domaines comme les TIC, les nanotechnologies, les nouveaux matériaux et les biotechnologies. Beaucoup d’autres sont liées à l’émergence de nouveaux services en remplacement ou en complément de produits (ex: l’éco-mobilité ,automobile) en prenant en compte les usages. D’autres encore, dépendent aussi d’innovations dans la conception et l’organisation (les éco-quartiers, l’écologie industrielle, etc..).

Les avancées en ces domaines appellent des laboratoires ouverts, mieux connus sous le nom anglais d’« Open Lab », permettant d’élaborer des démonstrateurs. La R&D, en plus d’être pluridisciplinaire, doit devenir partenariale entre le privé lui-même et entre le privé et le public et ouvert aux collectivités territoriales. Il s’agit bien d’une vision innovante pour la science et qui est à la source des clusters évoqués précédemment.

Pourquoi les scientifiques, et pas seulement ceux spécialisés dans les changements climatiques, ne prendraient ils pas l’initiative, pour la COP 21, partout où de tels clusters ont des résultats probants, d’organiser des débats et démonstrations ouverts non seulement aux entreprises et au grand public, mais surtout aux jeunes afin de montrer que de solutions autres que la décroissance ou la catastrophe existent face aux changements climatiques. C’est seulement ainsi que l’on parviendra à mobiliser les meilleures compétences, à les mettre en synergie, à favoriser les changements le plus rapidement possible, et à susciter de nouvelles vocations pour demain. C’est également ainsi que les scientifiques (toutes disciplines confondues) pourront contribuer à instaurer le climat de confiance indispensable afin d’assurer le plein succès et l’enthousiasme pour les accords qui seront négociés à Paris lors de cette COP 21.

[1] L’éco-innovation se définit comme le processus de développement de nouvelles idées, comportements et nouvelles organisations, nouveaux services, produits ou processus technologiques qui participent à une réduction des impacts environnementaux ou correspondent à des objectifs sociétaux de durabilité.