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Déverrouiller la puissance transformatrice des villes vers le développement durable : retour sur un rapport majeur du WBGU

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Le WBGU (en anglais, German Advisory Council on Global Change) vient de publier le Rapport Résumé (de 48 pages) d’une étude approfondie sur le rôle des villes pour impulser les transformations du 21ème siècle vers un développement durable au niveau mondial.

Les auteurs du rapport insistent sur la grande diversité des dynamiques — dans le passé et aujourd’hui — des villes et des processus d’urbanisation dans le monde.  Ils pointent les nombreuses « contradictions » entre, une urbanisation galopante dans de nombreux pays en développement par rapport à une stagnation démographique dans certains pays industrialisés ; l’émergence de puissantes élites « hyper-riches » par rapport aux populations croissantes démunies ; des améliorations dans l’assurance des besoins de base (alimentation, eau, habitat) pour des milliards d’individus alors qu’au niveau planétaire les capacités de charge de la Biosphère sont de plus en plus gravement menacées.

Le WBGU, par le biais de ce rapport, recommande au gouvernement fédéral allemand de promouvoir des réformes majeurs du Programme Habitat de l’ONU.  Il propose, entre autre, la constitution d’un panel international scientifique sur l’urbanisation et les défis du développement durable des systèmes urbains.  Il insiste sur l’importance des échanges d’expériences internationales et des approches transdisciplinaires pour renforcer les compétences des acteurs en matière de processus d’urbanisation et de transformation de nos sociétés.  Il discute des enjeux de recherche, et aussi de la mobilisation de capital — public et privé — pour le développement, la transformation et l’entretien des infrastructures urbaines.  Comme trame pour les orientations stratégiques, il identifie (dans les pages 21-22 et encore dans un Epilogue à la fin du rapport résumé), un ensemble de six « risques du changement global » qui nécessitent des réponses urgentes et concertées. Ces défis peuvent s’exprimer de la manière suivante:

  • Piloter le développement urbain en respectant les capacités et limites de la Biosphère, notamment en matière de stabilité climatique, des grands cycles de la Biosphère (carbone, azote, eau, nutriments) et des services écologiques.
  • Accorder la priorité à l’amélioration des conditions environnementales locales comme dimension clé de la qualité de systèmes urbains et de la vie des habitants.
  • Combattre et inverser les tendances d’inégalité économique et de fracture sociale (ghettoïsations et d’autres formes de marginalisation), par des stratégies de développement inclusif.
  • Affronter les enjeux de la participation politique réelle des populations précaires et marginalisées, avec des formes et des processus de gouvernance qui répondent aux réalités des populations défavorisées.
  • Reconnaître et promouvoir les formes d’identité et de sens collectif comme dimensions spécifiques des ressources pour le développement et la transformation des systèmes urbains en faveur de la cohésion des populations.
  • Explorer le défi et les difficultés des processus de développement caractérisés par la créativité et par la participation (politique, économique, sociale) dans des conditions « informelles » de transition très rapide — voire violente — d’urbanisation et de relocalisation (y compris des migrations des réfugiés).

Le rapport met ainsi l’accent tant sur les « dimensions humaines » que sur les dimensions systémiques de la dynamique des villes.  Il pose avec acuité, la question de la « dimension sociale » (voire sociétale) du développement urbain et, des capacités (et limites de capacité) des populations parfois fragilisées. Il propose aussi de faire émerger des solutions « autonomes » dans des conditions de pénurie, de conflit et d’absence d’ordre préétabli public.  Il suggère plusieurs éléments de réponse, notamment la vision d’une dynamique « polycentrique » de développement urbain nourrie par un engagement normatif réciproque — une sorte de « contrat social pour la transformation des systèmes urbains vers le développement durable » (pages 23-24 du Rapport Résumé).

Le rapport fournit ainsi une base riche de discussion, en vue notamment du rendez-vous international Habitat III en octobre 2016.

 

About the WBGU

Wissenschaftlicher Beirat der Bundesregierung Globale Umweltveränderungen

Website : http://www.wbgu.de

The WBGU is an independent, scientific advisory body to the German Federal Government set up in 1992 in the run-up to the Rio Earth Summit.  The Council has nine members appointed for a term of four years by the German Federal Cabinet.  The Council is supported by an inter-ministerial committee comprising representatives of all ministries and the German Federal Chancellery.  The Council’s principal task is to provide scientifically-based policy advice on global change issues. The Council:

  • analyses global environment and development problems and reports on these,
  • reviews and evaluates national and international research in the field of global change,
  • provides early warning of new issue areas,
  • identifies gaps in research and initiates new research,
  • monitors and assesses national and international policies for the achievement of sustainable development,
  • elaborates recommendations for action, and
  • raises public awareness and heightens the media profile of global change issues.

The WBGU publishes flagship reports every two years, making its own choice of focal themes.  In addition, the German government can commission the Council to prepare special reports and policy papers.

 

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