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Verdissement de l’économie africaine: le cadre de l’OMC est-il adapté ? Focus sur un ouvrage collectif au coeur des débats sur l’Accord de Paris

 

La question qui se pose est la suivante : le verdissement de l’économie africaine ne va -telle pas affecter les capacités d’échanges de l’Afrique avec le reste du monde ? Le cadre mondial d’échanges qu’est l’OMC est il adapté à cette rupture écologique ?

Les contributions annoncées par les différents pays, dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat ne sont que des engagements volontaires de réduction d’émissions de gaz à effet de serre qui entreront en vigueur à l’horizon 2020. Certains s’interrogent sur le coût de la mise en œuvre de cet accord de Paris ainsi que sur son impact sur les économies de l’Afrique et de la rive méditerranéenne.

Font notamment débat  la capacité et le financement des pays en développement (PED) pour respecter de tels engagements et ce d’autant plus, que ces mêmes pays ont aussi à faire aux coûts d’adaptation pour les conséquences déjà néfastes du changement climatique qu’ils ont à subir (désertification, accroissement du niveau de la mer, pertes en biodiversité, nouvelles pandémies, etc….).  Si l’Afrique semble prête à se trouver une nouvelle voie de croissance plus verte et inclusive, comme le prouvent, par exemple, ses multiples avancées dans les énergies renouvelables  et ou la mobilité durable.

La question qui se pose est la suivante : le verdissement de l’économie africaine ne va -telle pas affecter les capacités d’échanges de l’Afrique avec le reste du monde ? Le cadre mondial d’échanges qu’est l’OMC est il adapté à cette rupture écologique ?

Le dixième édition du colloque international de Rabat, qui s’est tenue du 27 au 29 octobre dernier, quelques jours avant l’accueil à Marrakech de la COP 22, sous l’égide de la chaire OMC de l’Université Mohammed V de Rabat, la Commission Économique pour l’Afrique, le Centre Africain pour les politiques commerciales et l’Université de Toulon, a relancé justement ce débat sur commerce, investissement et DD.

Un ouvrage collectif en a résulté et celui-ci vient d’être publié chez L’Harmattan sous la direction de Cécile Bastidon, Ochozlas  Gbaguidi, Azzedine Ghoufrane et Ahmed Silem .

Cet ouvrage comprend 7 chapitres :

Le premier, de Philippe Hugon, présente et analyse  les défis environnementaux pour l’Afrique.

Le second, de Naoufel  Liouane,  propose une analyse de la relation entre le commerce international, la croissance économique et la pollution pour le cas des PED.  Il traite aussi de l’efficacité de l’adoption d’une  politique environnementale sur le développement économique et la protection de l’environnement.

Le troisième, de  Sriki Coulibaly, se penche sur la stratégie optimale par laquelle l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) pourrait poursuivre le double objectif d’accroissement du revenu par tête de ses habitants et d’amélioration de la qualité environnementale.

La quatrième, de Mouna Ben Abdeljelil et Saloua Ben Ammou traite de la relation entre croissance économique et  émissions de polluants en Tunisie durant  la période 1970-2014.

Le cinquième chapitre, de  Saïd Toufik, Mohammed Dinia, Saâd el Baghdadi et Salaheddine Nacith, a pour objet le rôle de l’Etat marocain dans les solutions à la lutte contre le changement climatique, via notamment les  innovations dans le champ des énergies renouvelables.

Le sixième, par Isabelle Nicolaï et moi-même, prolonge la problématique de la R&D et de l’innovation en vue du DD au Maroc et de la réduction des émissions des CO2, au regard des enjeux de la ville intelligente, plus souvent désignée par l’expression anglais smart city.  Nous y rappelons que le Maroc a compris que la lutte contre le changement climatique représente une sérieuse opportunité pour se positionner sur une trajectoire de croissance verte. Nous y abordons la question du lien entre lutte contre  changement climatique et compétitivité économique, notamment pour le Maroc ? Nous nous penchons enfin sur les conditions requises pour que cette croissance verte s’inscrive sur un sentier de DD.

Le dernier chapitre par Marienne  Bekaye revient sur les stratégies de DD du Maroc et de la Tunisie et propose un cadre pour évaluer les progrès dans la réalisation des objectifs liés à l‘économie verte en Afrique du Nord.

 

 

 

 

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