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Mise en oeuvre de la pédagogie inversée : retour d’expérience sur la première session du Mooc « développement durable, un levier pour la croissance » (CNAM)

Mooc Poster (no border) by Mathieu Plourde via Flickr

Mooc Poster (no border) by Mathieu Plourde via Flickr

 

La 1ère session du MOOC que je proposais au CNAM sur le thème «développement durable : un levier pour la croissance », qui avait ouvert le 2 mai sur la plateforme FUN, s’est achevée le 12 juin dernier. Cette première session a connu un certain succès puisque l’on compte 9185 inscrits. De plus, plusieurs écoles (de commerce et d’ingénieurs) sont en train de passer une convention avec le CNAM pour pouvoir utiliser le MOOC pour leurs étudiants à la rentrée prochaine.

Typologie des inscrits

Plus de 54% de ces MOOCers sont français,  Viennent ensuite ceux en provenance du Maroc (4,6% soit 423 inscrits), de Côte d’Ivoire (3,5% soit 319 inscrits), du Cameroun  203 inscrits ), d’Haïti, du Sénégal, d’Algérie, de Belgique, de Tunisie et du Burkina Faso  qui ont plus de 100 inscrits.

Une légère majorité de femmes se dégage et la moyenne d’âge est d’environ 36 ans. Enfin plus de la moitié est titulaire de l’équivalent d’un master.

Pays Nombre d’inscrits En %age
France 4985 54,27%
Non renseigné 1368 14,89%
Maroc 423 4,61%
Côte d’Ivoire 319 3,47%
Cameroun 203 2,21%
Haïti 192 2,09%
Sénégal 171 1,86%
Algérie 142 1,55%
Belgique 121 1,32%
Tunisie 113 1,23%
Burkina Faso 100 1,09%
Guinée 97 1,06%
Bénin 95 1,03%
Madagascar 92 1,00%

 

Autre pays représentés : République démocratique du Congo, Mali, Togo, Canada, Niger, Brésil, Suisse, Espagne, Gabon, Congo, Mauritanie, Italie, Mexique, États-Unis, Allemagne, Vietnam, Tchad, Royaume-Uni, Irlande du Nord, Chine, Burundi, Turquie, Russie, Kénya, Colombie, Roumanie, Liban, Inde, Argentine, Rwanda,Portugal, Pays-Bas, Djibouti, Autriche, Ukraine, Pérou, Comores, Cambodge, Japon, Irlande, Hongrie, Gambie, Égypte, Danemark, République Centrafricaine, Australie, Angola, Vénézuela, Suède, Panama, Maurice, Moldavie, Luxembourg, Corée du Sud, Grèce, Chili, Arménie, Anguilla, Afrique du Sud, Ouganda, Taïwan, Syrie, Suriname, Arabie Saoudite, Palestine, Porto Rico, Pologne, Pakistan, Norvège, Nigéria, Namibie, Malaisie, Malte, Mongolie, Monténégro, Monaco, Indonésie, Croatie, Honduras, Honk Kong, Guyane, Ghana, Fidji, Costa Rica, Bélize, Botswana, Bahamas, Barbade, Albanie, Antigua-et-Barbuda, Émirats arabes unis, Andorre.

Des interactions tout le long de la durée du MOOC

Durant les 6 semaines, composées de 6 séquences de 6 modules de 10 mins en moyenne chacun, des échanges ont eu lieu entre MOOCers sur le Forum, entre MOOCers et moi-même, via le « hang out » [chat vidéo] hebdomadaire et entre chacun d’entre nous et la community manager qui a joué un rôle déterminant par sa présence sur les réseaux sociaux et en animant les discussions, tout en faisant remonter les points les plus importants sur le forum. Près de 350 fils de discussions ont été, par exemple, engagés sur le forum.

Le forum est le lieu où les personnes qui ont suivi une séquence peuvent poser des questions au community manager et au(x) responsable du MOOC. À ma grande surprise, ces questions ont donné lieu à de véritables échanges passionnés entre les MOOCers eux-mêmes. Une véritable communauté du MOOC se constitue ainsi et des références, des expériences s’échangent aussi entre les participants.

Le « hang out » hebdomadaire s’est également avéré un exercice nouveau et étonnant. Il permet d’assurer un lien entre les MOOCers et le responsable du MOOC avec une animation assurée par le community manager. Il s’agit d’un rendez vous par visio-conférence où chaque participant du MOOC peut se connecter pour poser en direct ses questions ou ses remarques aux enseignants.

C’est ainsi que je me suis trouvée projetée en Afrique où l’un de mes interlocuteurs souhaitait approfondir l’application de certains outils et concepts au contexte africain, puis au sein d’une commune rurale où il s’agissait de donner mon avis sur la façon de s’y prendre pour mettre en œuvre une démarche RSE, etc… D’autres participants souhaitaient des approfondissements ou m’ont fait part de leur désaccord sur tel ou tel aspect traité lors de telles ou telles séquences du MOOC. On m’a également distribué des bons et mauvais points en direct. Heureusement, les bons points étaient les plus nombreux puisque mes interlocuteurs ont souvent salué l’approche originale et utile du développement durable émanant de ce MOOC !

Bref il en ressort une animation, une chaleur et une richesse très différente et au moins aussi passionnante que celles que l’on peut trouver dans une salle de cours présentiel.

Un apprentissage pour une nouvelle façon d’enseigner

Cette expérience du MOOC m’a également fait prendre conscience des possibilités que ces nouveaux instruments constituent pour améliorer notre enseignement. Un tel MOOC est à mon avis utile, non seulement pour ceux qui souhaitent s’informer sur un sujet ou pour mettre à jour certaines connaissances; mais aussi pour ceux qui souhaitent préparer un enseignement présentiel qui devient alors beaucoup plus participatif et approfondi.

Là réside la clé de l’enseignement inversé et c’est ce que j’ai décidé de mettre en œuvre avec des auditeurs que je vais former durant toute la semaine prochaine sur le DD et la RSE. Ils auront suivi le MOOC et j’aborderai donc totalement différemment mon enseignement ! Cet apprentissage à l’enseignement inversé, pour l’enseignant, commence même en amont et dès la préparation, la conception et le tournage du MOOC.  Avec la contrainte d’une séquence de 10 mns par grands thèmes, il faut aller à l’essentiel de façon didactique et vivante, à la fois dans la composition des slides et oralement. Quand vous devez refaire les slides ou recommencer un enregistrement parce que vous vous rendez  compte que ce n’est pas bon, ou pire, que l’équipe de conception du MOOC vous le dit, il s’agit d’un salutaire « ré-apprentissage » de votre métier de professeur ! De même, avec le très grand nombre de QCM, après chaque séquence, chaque séance et à la fin du MOOC, il faut être précis dans les questions et les réponses et si vous ne le faîtes pas, les MOOCers vous rappellent à l’ordre !

Bref, j’ai vécu en ce qui me concerne cette expérience et ce bousculement salutaire de façon passionnante.

Une prochaine session renouvelée

Je me prépare déjà à une seconde version que j’enregistrerai en janvier prochain et qui ouvrira au printemps 2017. Cette nouvelle édition, qui bénéficiera de l’expérience de la première, intégrera au moins trois nouveautés :

  • Une perspective beaucoup plus internationale et notamment un focus sur l’Afrique sera réalisé, comme cela a été demandé par beaucoup de MOOCers.
  • Une perspective métier avec des études de cas plus accentuées reposant sur des témoignages et interventions de spécialistes par grands secteurs : construction, mobilité, énergétique, etc…
  • Un « serious game » pour rendre plus interactif l’acquisition des connaissances.

Alors à l’année prochaine et d’ici là n’hésitez pas à faire remonter vos suggestions par courriel !!

 

 

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